Maison Saraya Saraya : les producteurs exposent leurs défis au ministre de l’Agriculture à Taïba

Saraya : les producteurs exposent leurs défis au ministre de l’Agriculture à Taïba

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La tournée de terrain du ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage dans le département de Saraya s’est poursuivie à Diakhaba, plus précisément dans le hameau de culture de Taïba. Cette deuxième étape a permis à la délégation ministérielle de constater les réalités de la production agricole et d’échanger directement avec les exploitants sur leurs difficultés et leurs attentes.

‎La délégation a été accueillie par les producteurs du GIE Nafi Ndiral Taïba, conduit par son président, Samba Diallo. Le groupement exploite au total 317 hectares, consacrés notamment au maïs Suwane (15 ha), au maïs hybride (10 ha), au maïs hybride dans le cadre du programme IMAÏS (178 ha), à l’arachide (95 ha), au riz (17 ha) et au sorgho (2 ha).

‎Sur le terrain, les producteurs ont salué la présence du ministre, tout en exposant les difficultés qui affectent leurs activités. Parmi les principales contraintes évoquées figurent le retard de l’hivernage, l’insuffisance et le retard dans la mise en place de certains intrants, le manque de produits phytosanitaires ainsi que l’insuffisance des équipements agricoles et du matériel post-récolte.

‎Agna Diallo, président des maïsiculteurs de Kédougou, a notamment insisté sur la nécessité de renforcer l’accès aux tracteurs, motoculteurs, moissonneuses-batteuses et autres équipements. Il a également plaidé pour l’aménagement des vallées et la construction ou la réhabilitation d’ouvrages hydrauliques afin de permettre à Kédougou de développer davantage l’agriculture au-delà de la seule saison des pluies.

‎Il a par ailleurs relevé que les 19 tracteurs recensés dans la région seraient actuellement en panne, illustrant, selon lui, les difficultés d’accès à un matériel agricole fonctionnel.

‎Les producteurs ont également demandé la construction de magasins de stockage répondant aux normes, ainsi qu’une meilleure disponibilité des intrants, notamment des engrais.

‎Le président du GIE Nafi Ndiral Taïba, Samba Diallo, a pour sa part salué l’accompagnement des services techniques et les formations dont ont bénéficié les producteurs. Il indique que les rendements peuvent atteindre quatre tonnes à l’hectare, preuve, selon lui, du potentiel agricole de la zone lorsque les conditions de production sont réunies.

‎L’opérateur économique a également remercié les autorités administratives et municipales pour avoir facilité l’obtention des documents relatifs à 60 hectares destinés à son exploitation.

‎La question de l’accès à l’eau a également été soulevée. Samba Diallo a expliqué que les femmes engagées dans les activités agricoles disposent actuellement d’un seul forage et souhaitent disposer de davantage de ressources hydrauliques pour développer des activités durant la période hors saison.

‎La Direction régionale du développement rural (DRDR) a, de son côté, relevé la faiblesse des capacités de stockage disponibles et rappelé les dégâts causés par les feux de brousse au cours des précédentes campagnes, avec notamment 17 hectares de maïs détruits.

‎Face à ces difficultés, plusieurs recommandations ont été formulées. Elles portent notamment sur la facilitation de l’accès au matériel post-récolte, l’augmentation des quotas d’engrais, la mise en place d’unités locales de traitement phytosanitaire et le rapprochement des équipements agricoles des zones de production.

‎Les producteurs souhaitent également que la SODAGRI puisse contribuer à l’ouverture de boutiques de proximité, afin de leur permettre d’acquérir plus facilement les équipements et autres produits nécessaires sans devoir se déplacer jusqu’à Dakar.

‎Le maire de Bembou, Mady Danfakha, a qualifié la visite de déplacement « utile » et réaffirmé la disponibilité de la commune à accompagner les producteurs.

‎Il a invité les agriculteurs à formaliser leurs demandes de terres afin de faciliter les procédures de délibération. L’élu a également assuré que les jeunes et les femmes, comme l’ensemble des acteurs qui souhaitent se lancer dans l’agriculture, pourront être accompagnés dans l’accès au foncier.

‎Pour Mady Danfakha, le développement agricole de la zone nécessite toutefois davantage de matériel et d’encadrement. Il a notamment plaidé pour la présence de jeunes encadreurs chargés d’assurer un meilleur suivi de l’utilisation et de la distribution des intrants.

‎L’édile a également souligné que, malgré la présence de l’orpaillage dans la zone, de nombreux orpailleurs restent eux-mêmes des agriculteurs et peuvent donc bénéficier d’un accompagnement permettant de renforcer la production.

‎Prenant la parole, le ministre de l’Agriculture a exprimé sa satisfaction d’avoir effectué cette étape auprès des producteurs de Taïba. Il a expliqué que cette tournée répond à la volonté du gouvernement d’établir un dialogue direct avec les acteurs du terrain.

‎Selon lui, l’objectif est d’éviter que les difficultés signalées par les producteurs ne se limitent à des rapports administratifs sans suite. Le ministre a insisté sur la nécessité d’échanger directement sur chaque problème afin d’identifier plus rapidement les solutions possibles.

‎Il a assuré que le gouvernement est conscient des difficultés rencontrées par les producteurs et entend les accompagner dans la réalisation de leurs activités.

‎Le ministre a également indiqué que le président de la République a engagé l’État à ne laisser aucun Sénégalais à l’écart et a évoqué, dans ce cadre, le Plan Diomaye pour le Sénégal oriental, destiné à accompagner le développement de cette partie du pays.

‎Au terme des échanges, le ministère a annoncé la mise en cours de 500 motoculteurs, ainsi que l’arrivée de 200 semoirs dans les prochains mois au profit des producteurs.

‎Pour les agriculteurs de Taïba, ces annonces constituent des perspectives importantes dans un contexte où l’accès aux équipements, aux intrants, à l’eau et aux infrastructures de stockage reste au cœur des préoccupations.

‎Cette étape de la tournée aura ainsi permis au ministère de mesurer directement le potentiel de production du département de Saraya, mais également de prendre connaissance des contraintes qui freinent encore le développement d’une agriculture plus productive et davantage orientée vers la souveraineté alimentaire.

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