À Farandind, dans la commune de Missirah Sirimana, département de Saraya, les populations tirent la sonnette d’alarme sur les conséquences qu’elles attribuent à l’exploitation industrielle de l’or menée à Loulo, un village frontalier situé dans le cercle de Kéniéba, au Mali.
Installée depuis plusieurs années à proximité du fleuve Falémé, la mine de Loulo, exploitée par Rand Gold, est aujourd’hui au cœur des préoccupations des habitants de Farandind. Selon eux, les activités minières de l’autre côté de la frontière ont des répercussions jusque dans leur village.
Les habitants évoquent notamment les explosions liées aux opérations minières. Celles-ci provoqueraient, selon leurs témoignages, des fissures sur certains bâtiments. En saison sèche, la poussière serait également devenue une source importante de désagréments pour les populations.
« Nous subissons une importante dégradation que nous attribuons à la mine de Loulo, située à proximité du fleuve Falémé. Les explosions entraînent des fissures sur les bâtiments du village et la poussière envahit également Farandind en saison sèche », témoigne Lamine Touré, un jeune du village.
Les populations s’inquiètent également de plusieurs cas d’avortement enregistrés récemment. Elles évoquent notamment 18 cas et souhaitent que des investigations permettent de déterminer les éventuelles causes de cette situation.
« Nous avons constaté des cas d’avortement dans le village. Nous ne savons pas s’ils sont liés aux explosions ou à une éventuelle pollution. Nous demandons que la situation soit étudiée », poursuit Lamine Touré.
Même inquiétude chez les notables du village. Douty Cissokho estime que les nuisances sonores et les impacts sur les habitations sont devenus difficiles à supporter.
« La mine de Loulo entraîne des conséquences sur nos bâtiments et nous n’avons pas de solution. Les bruits sont importants et 18 cas d’avortement ont été constatés dans le village. Cela n’arrivait pas auparavant. L’État doit se pencher sur la situation. Même si la mine se trouve dans un autre pays, nous sommes directement touchés par ses conséquences », explique-t-il.
Le chef du village, Diatiba Cissokho, rappelle que l’exploitation minière de Loulo est présente depuis 2004. Mais selon lui, les difficultés ressenties aujourd’hui par les habitants nécessitent une intervention des autorités.
« Depuis 2004, la mine est installée à Loulo. Mais aujourd’hui, nous souffrons et nous demandons de l’aide », déclare le chef de village.
La situation dénoncée à Faranding n’est pas isolée dans cette zone frontalière. À Mandakhoto, dans la commune de Bembou, les populations font également face à une exploitation minière située de l’autre côté de la frontière, à Goungoto, au Mali. Des fissures auraient été constatées sur plusieurs bâtiments du village.
Face à ces préoccupations, les populations de Faranding demandent aux autorités sénégalaises de prendre en compte les effets transfrontaliers des activités minières et de diligenter des évaluations techniques et sanitaires. Elles souhaitent notamment que des études indépendantes permettent de vérifier les liens éventuels entre les activités minières, les fissures constatées sur les bâtiments, les nuisances environnementales et les problèmes de santé évoqués.
À ce stade, ces témoignages constituent des alertes des populations et ne permettent pas, à eux seuls, d’établir un lien de causalité entre l’exploitation minière de Loulo et les cas d’avortement signalés. Des investigations sanitaires et environnementales seraient nécessaires pour déterminer l’origine exacte de ces problèmes.
