Le secteur de l’exploitation artisanale de l’or entre dans une nouvelle phase de réorganisation au Sénégal. Dans les régions de Kédougou et de Tambacounda, l’État a engagé une vaste opération d’identification et d’enrôlement des acteurs de l’orpaillage, avec un objectif de 10 000 cartes d’orpailleurs à délivrer.
L’initiative vise à mieux encadrer une activité qui occupe une place importante dans l’économie locale, mais qui reste confrontée à plusieurs défis, notamment les accidents liés aux éboulements, le travail clandestin et les difficultés de contrôle des flux d’or.
Selon le directeur régional des Mines et de la Géologie de Kédougou, Abou Sow, cette opération s’inscrit dans la volonté des autorités de parvenir à une meilleure organisation du sous-secteur. Une première étape consacrée à l’identification des acteurs a déjà été menée, avant le lancement effectif de l’enrôlement.
À Kédougou, deux points d’enrôlement ont été retenus : la Direction régionale des Mines et de la Géologie et la mairie de Saraya. L’opération doit se poursuivre pendant deux mois, jusqu’à la fin du mois d’octobre. Dans la région de Tambacounda, un site d’enrôlement a également été retenu.
La particularité de cette campagne réside également dans son caractère inclusif. L’enrôlement ne concerne pas uniquement les ressortissants sénégalais. Les orpailleurs maliens, guinéens, burkinabè, nigérians et d’autres nationalités présentes dans les zones d’exploitation sont également appelés à se faire identifier.
Pour les autorités, cette démarche doit permettre d’avoir une meilleure connaissance des acteurs présents dans les différents sites et de renforcer le suivi de l’activité.
À l’issue de l’enrôlement, des cartes numériques d’artisans miniers seront délivrées aux personnes identifiées et enregistrées. Ces documents doivent notamment permettre aux bénéficiaires d’accéder aux couloirs d’orpaillage officiellement ouverts par l’État.
Dans le cadre de cette phase pilote, six couloirs ont été retenus dans la région de Kédougou et trois dans celle de Tambacounda, sur un total de 33 couloirs concernés par l’expérimentation.
À Kédougou, les zones ciblées comprennent notamment Kharakhéna, Sabodala, Sambranbougou, Makabingi, Tenkoto Nord et Ngary Sékoto.
Au-delà de la délivrance des cartes, l’enjeu est donc de déplacer progressivement l’orpaillage vers des espaces identifiés et contrôlés par les pouvoirs publics. Une orientation qui doit permettre de mieux suivre les activités, tout en réduisant les risques auxquels sont exposés les travailleurs.

Les services des Mines invitent ainsi les acteurs de l’orpaillage à profiter de la période d’enrôlement pour se formaliser. Les deux sites retenus à Kédougou sont ouverts quotidiennement de 7h30 à 19h30.
Pour les autorités, cette opération constitue une étape importante dans la mise en place d’un nouveau cadre réglementaire. À terme, la carte d’orpailleur devrait devenir un élément essentiel pour exercer l’activité dans les zones autorisées.
Dans une région comme Kédougou, où l’orpaillage artisanal constitue une importante source de revenus pour de nombreuses communautés, la réussite de cette réforme dépendra toutefois de la capacité des acteurs à adhérer au processus et de l’efficacité du dispositif de contrôle sur le terrain.
